• Véronique Sanson | 2015

Olympia, Paris 
18 et 19 avril 2015

18 et 19 avril, les deux derniers shows de la saison après une dizaine de jours off et avant deux mois de repos de la guerrière — la tournée Les années américaines reprendra le 20 juin à Ruom.

Au jeu toujours aussi stupide des comparaisons, on avoue une préférence pour celui du 19. Rien à voir avec les invités et les surprises, mais peut-être bien à cause du service d’ordre de l’Olympia qui a un peu saboté la fête le 18. On notait des petits changements dans les éclairages (sur le final de Féminin, par exemple) alors que se jouait dans la salle une
farouche concurrence : le service d’ordre balayant la salle de ses torches à la poursuite de ceux et celles qui oseraient filmer, traversant la salle pour les intimider. Inefficace (pendant qu’ils pensent régler un cas, quinze personnes profitent de leur absence pour dégainer leur phones) et surtout méga-archi-gênant…

Le 18, on est assis à gauche de la scène, l’occasion de relever un truc pas cool du tout : l’effet stroboscopique ajouté sur les refrains de Full tilt frog qui, démultiplié dans les trois miroirs, empêche carrément de regarder la scène à ce moment-là sans lunettes de protection ! Full tilt frog qu'elle présente ce soir-là en disant qu’à l’époque où elle l’a écrit, elle n’avait personne à qui chanter ses chansons, “… alors je les chantais à quelque chose…”. 
Il a tout ce que j’aime sera introduit par un mystérieux “Cette chanson est extrêmement importante pour moi”, histoire, l’air de rien, de demander un peu plus d’attention sur ce magnifique titre à la construction vraiment complexe.
En introduction d’Harmonies (big up), après ce nouveau sketch où elle bruite les percus du titre, elle annonce que du coup, elle ne se souvient plus du début de la chanson, et lâche : “Et rien ne ressemble plus à un sol qu’un do, ils sont blancs tous les deux !” 
Paranoïa joue les prolongations lorsque Véronique lance “Dit mon âme” (Dis : “mon âme”) à Mehdi dont elle attend un logique “Mon âme” en réponse. Lorsqu’elle quitte la scène, il la désannonce “Mesdames et messieurs, Véronique Sanson !”. Elle revient sur ses pas, lui prend le micro pour un “…et Mehdi Benjelloun et son orchestre” ! C’est la grande récré, un joyeux bordel qui n’en est pas tout à fait un, et le show doit maintenant faire une heure de plus que le premier de cette tournée à Courbevoie, fin janvier !


Au dernier rappel, tout sourire, elle apparaît presque extatique devant cet Olympia debout depuis Drôle de vie (qui doit faire trois fois les 2’40 de sa version originale). “Ce que vous nous offrez là, c’est de la liberté !”

En coulisses, on parle un bon moment avec l'adorable Rebecca Manzoni, qui a adoré le livre, avant qu’elle aille faire un bisou à Véronique dans sa loge dont sortent Pierrot Palmade, puis Nicole Croisille (“totalement scotchée”).
On croise les musiciens et techniciens avec ces tee-shirts "Staff Véronique Sanson Les années américaines" archi-collectors et vachement beaux. 


Une heure du matin et voilà que débarque dans la loge de Véronique un Daniel Schick en grande forme qui met un genou en moquette pour un sketch improvisé, chantant les louanges d’un spectacle qu’il n'a en réalité pas vu ! (il sera là le lendemain mais, passant rue Caumartin, il a eu l’idée de monter saluer sa copine). Puis, Basile exhibe une très belle guitare acoustique et revisite pour ce petit comité Les choses qu’on dit aux vieux amis à la façon de Bernard Swell au Palais des Sports au siècle dernier. Véronique fredonne la mélodie. C’est juste superbe…

Le 19, c’est encore une autre histoire, avec un final gorgé d’émotion, ce petit supplément d’âme propre à toutes les dernières. Pendant les rappels au piano, d’aucuns, au premier rang, se mordent les joues pour ne pas pleurer devant Véronique…
Le show commence sur une drôle de note : invité à rejoindre Franckou deux rangs plus haut, on s’exécute avant de subir les foudres de la personne juste derrière qui braille sa surprise (on est tenté de lui conseiller, la prochaine fois, de louer les deux places devant elle pour avoir le champ libre, mais son se retient). La dame est visiblement furieuse, mais accepte de descendre 3 rangs plus bas à la place que j’avais laissée libre…

Le spectacle est beaucoup plus fort que la veille. Première surprise, un remake du duo bruxellois : Maurane et Véronique sur Bernard’s song. Beau mariage de voix sur un morceau qui fait se lever tout le monde avec ses cuivres en pleine forme et son imparable rythmique. Que c’est bon d'entendre cette clameur dans la salle !
La deuxième surprise en est une aussi pour Véronique, au moment où elle explique qu’avant de faire des chansons, elle faisait “des chansons… mais des chansons médiévales…”. Magnéto, Dodo (c’est son idée) et démarrage du refrain d’une authentique chanson médiévale ! Et Véronique, hilare, de chercher la chanteuse sur scène…
Elle nuance ensuite la présentation des Choses qu’on dit aux vieux amis d’un “C’est pardonné maintenant” vraisemblablement à l’attention du voisin de son neveu Julien qui, sous son chapeau et derrière ses lunettes noires, n’est autre que le destinataire originel de cette chanson…
Nouvelle surprise sur le dernier rappel, Bahia featuring Alain Chamfort, avant un très joli final avec l'ensemble des musiciens et techniciens arrivant sur scène une rose à la main, qu’ils déposent sur le piano. Maurane, Gilbert Coullier et même Kanou sont également sur scène. Véronique veut parler dans le micro mais “y a plus personne au son”. De toute façon, elle avoue ne pas savoir quoi dire, tend le micro à Alain Chamfort, “Tu veux dire quelque chose ?”. “Écoute, simplement” est la réponse du chanteur. Elle se retourne vers la salle, “J’écoute”…
C’est alors qu’elle aperçoit notre Franckou, descendu en bord de scène, lui aussi avec une rose. Elle lève les bras en l’apercevant, prend sa rose et lui en donne une caresse amicale sur la tête. Elle la garde à la main tout en improvisant un bon vieux Show me the way to go home des familles, a capella et plein d’énergie.
La vidéo de ce final est .



En coulisses, Véronique, c’est un peu la Tour Eiffel : chaque touriste veut être pris en photo à côté ! Pour rire, on prend la place du dernier en date. Surprise de la dame, d’autant que Julien sort son smartphone pour nous immortaliser, pendant que sa mère demande “qui est la blonde à côté de l'auteur du bouquin ?”… ;-)

 © Julien Tricard

Line Renaud pose avec Alex Lutz, qui tient dans la main le livre et le CD best of. Rycko raconte la première répète avec Johnny et ne cache pas sa tristesse de ne pas continuer l’aventure cet automne… Les coulisses se vident. Le bar, portes fermées, fait office de fumoir. On se retire au moment où Véronique, Julien et Violaine, penchés sur le portable de cette dernière, entonnent en chœur un sonore Happy Birthday to you pour Titou, resté de l’autre côté de l’Atlantique. On atteint l’ascenseur au moment des and many more… 

Vivement la suite ! On se languit des prochains shows presque autant qu’elle. En attendant, Véronique mène sa vie – oh comme tout l’monde – mais c’est bien lorsqu’elle enfile son cuir noir, tel Clark Kent sautant dans sa grenouillère bleue, qu’elle devient cette super-héroïne qui monte sur scène pour nous montrer de quel bois elle va nous chauffer ! Si une chanson n’existe que lorsqu’elle est chantée devant un public, une Sanson n’existe elle aussi vraiment qu’au moment précis où elle met un pied sous les projecteurs pour s’approcher du piano…


Au fait, ce qui bougeait dans la chaussure gauche samedi soir, c’était un bébé oursin ! :-)


 

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